Autant j'abordais cette même période l'année dernière débordante de projets et d'optimisme, autant cette rentrée me trouve désabusée.

Mon fils entre en 4ème avec beaucoup de réserves émises par ses professeurs. Un PAI et le tiers temps seront demandés officiellement au 2ème trimestre mais appliqués de fait dès la rentrée.

Au CHU, à mon grand étonnement, il n'est pas repris dans l'atelier "habiletés sociales" mais intègre un atelier "cuisine". Fini aussi l'atelier "médiation corporelle", remplacé par des séances individuelles de psychomotricité. Ils essaient aussi de lui trouver une place en orthophonie bien qu'ils eussent préféré que je le fasse suivre en libéral. Désolée, pas les moyens.

Je les informe que j'ai contacté le CRA pour leur demander de poser un diagnostic. Raidissement immédiat du médecin-chef. "- Nous pouvons le faire ici". Il me parle de l'ADO, l'ADI-R, et d'autres test, mettant en valeur tous les moyens dont ils disposent, essaie de me décourager ("nous mettons les parents à contribution et leur demandons beaucoup de temps") sachant mon peu de disponibilité, ils ont les personnes habilitées à faire les tests mais pas sur place... Bref, tout est long, difficile mais possible. D'ailleurs, j'ai tout intérêt à ce qu'il soit diagnostiqué ici car au CRA, ils n'ont pas de suivi alors qu'eux, oui. "Bon, on ne va pas tourner autour du pot, parlons franchement, votre fils a des problèmes qui relèvent des TED et de l'autisme" (tiens, c'est bien la première fois qu'il est si affirmatif). Il me fait comprendre qu'il lui sera bientôt impossible de poursuivre une scolarité normale. Oui, mais qu'en faire ? Mon fils est plus intellectuel que manuel et il est clair qu'il serait incapable de passer ne serait-ce qu'un entretien pour une demande de stage... En fait, il le condamne à plus ou moins brève échéance à une vie d'assisté... "Mais qu'est-ce qui vous a poussée à vous adresser au CRA ? Pourquoi avez-vous tant besoin d'un diagnostic ?" Je lui explique que j'en ai fait la demande pour moi-même et que j'en ai profité pour impliquer mon fils dans ma démarche. "- Ah oui, dit-il à l'éducatrice et à la psychomotricienne en m'adressant un sourire mi-moqueur, mi-de commisération, le syndrome d'Asperger, c'est très à la mode ces temps-ci !" No comment.

Pour ma part, j'en suis à la première étape de ma démarche : entretien avec une psychiatre afin qu'elle me fournisse une lettre de recommandation pour le CRA. Je vous le relaterai plus tard car il vaut bien un article à lui tout seul.D'ailleurs, un autre rendez-vous est prévu et je ne sais toujours pas si elle me fera ce fameux courrier.

Pour l'instant, toute mon énergie est employée dans mon travail où des injustices aberrantes sont commises. Elles sont si révoltantes que je me suis engagée dans une bataille acharnée pour défendre mes collègues, et moi-même par contrecoup. C'est épuisant mais vivifiant.

Bonne rentrée à tous !