Si quelque chose m'a vraiment confortée dans l'idée que j'étais Asperger, c'est bien la lecture de blogs d'autres Asperger. J'ai l'impression d'être un extra-terrestre qui, tout-à-coup, découvre qu'il n'est pas le seul à avoir été débarqué sur terre. Me rendre compte que mes ressentis sont si bien décrits par d'autres alors qu'on m'a toujours dit que j'avais des pensées et un fonctionnement bizarres, différents, anormaux, décalés.. ( je vous passe les qualificatifs plus péjoratifs) me donne un esprit communautaire pour la première fois de ma vie (qui compte déjà 45 années !) En cherchant des témoignages d'Asperger, je tombe sur le blog de Jean-Michel Devezeaud. Je me reconnais dans la plupart de ses articles. C'en est poignant, ça me prend aux tripes, au coeur (d'ailleurs, pendant toute cette période de lecture intensive, je suis de plus en plus sujette aux crises d'angoisse). Puis, je passe à des blogs de femmes. C'est encore "pire", encore plus flagrant.

Je pars quelques jours en vacances à Noirmoutier avec mon fils et sans ordinateur (ouf, je vais pouvoir décompresser et dormir). Je les passe à écrire. Je reprends mon journal épisodique abandonné depuis...mai 2012. Et, pendant près d'une semaine, je ne fais qu'écrire et pleurer. A mon retour, ma colocataire et neurotypique amie, E, me conseille de faire un blog. J'en ai très envie. J'aime écrire. J'en ai même besoin. Mais partager, publier... je suis sceptique. Et puis, les blogs foisonnent et, pour la plupart, sont si bien écrits qu'ils me donnent des complexes.

L'idée germe, grandit et finit par éclore sous la forme de ce petit lexique. J'ai besoin d'astreindre mes réflexions à un ordre sinon elles partiraient dans tous les sens (mes rédactions scolaires étaient toutes annotées de "illisible !" et "hors-sujet !"). Je l'ai choisi alphabétique même si ce n'est pas très pratique pour un blog. Mais cela me permet aussi de faire court et de pouvoir revenir sur un sujet par un autre biais (les synonymes ne manquent pas dans la langue française).